Infertilité masculine : le rôle des pesticides pourrait être sous évaluéInfertilité masculine : le rôle des pesticides pourrait être sous évalué
L’évaluation des effets des pesticides sur la fertilité masculine souffre d’un manque de données important
Des pesticides auxquels la population européenne est exposée menaceraient potentiellement la fertilité masculine.
C’est ce que révèlent les résultats d’une toute nouvelle étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.
En effet, cette dernière démontre que des pesticides auxquels la population européenne est exposée, et préalablement non soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, sont en fait des anti-androgènes et menaceraient potentiellement la fertilité masculine.
Les scientifiques, de l’Université de Londres, auteurs de l'étude ont sélectionnés trente-sept des 134 pesticides auxquels la population européenne semble le plus exposée. Les tests in vitro de 23 d'entre eux ont prouvé leurs caractères anti-androgènes, soit inhibiteur de libido par chute de la testostérone.
Ainsi, 14 de ces pesticides préalablement connus pour être des anti‐androgènes ont été confirmés anti‐androgènes par ces tests in vitro, et 9 pesticides préalablement non testés pour leur propriétés anti androgènes se sont révélé posséder des propriétés anti androgènes in vitro.
Il s’agit du : dimethomorphe, fenhexamide, quinoxyfene, cyprodinil, λ‐cyhalothrin, pyrimethanil, fludioxonil, azinphos‐methyl, pirimiphos‐methyl, et tous ces pesticides sont encore autorisés en France et en Europe, sauf l’azinphos‐methyl. Par ailleurs, 7 pesticides ont montré des effets androgéniques.
Conclusions de l’étude : L’évaluation des effets des pesticides sur la fertilité masculine souffre d’un manque de données important. Il conviendrait ainsi de faire du biomonitoring humain et des études in vivo pour compléter les données de cette étude. Les scientifiques insistent aussi sur le cas des fongicides qui, employés en mélange avant la récolte peuvent engendrer une exposition considérable des consommateurs à ces pesticides anti androgènes.
Censés prévenir le développement des champignons parasites, les fongicides sont particulièrement décriés par les auteurs de l'étude car employés en mélange avant la récolte, ils peuvent engendrer une exposition considérables des consommateurs à ces pesticides anti-androgènes, notent les auteurs de l’étude.
Pour Générations Futures, cette étude montre que l’évaluation du risque de l’exposition à des pesticides pour la fertilité masculine est très déficiente.
Même si les auteurs rappellent que nombre d’études lient le Syndrome de Dysgénésie Testiculaire (qui associe hypospadias, cryptorchidisme, baisse de qualité du sperme et cancer du testicule chez l’adulte) à une exposition prénatale aux pesticides, le manque de connaissances sur les effets anti‐androgènes des pesticides que met en évidence cette étude est très inquiétant.
François Veillerette, porte‐parole de Générations Futures, explique : « A quelques heures de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, ces nouvelles données doivent nous alerter sur les dangers que les pesticides font peser sur la santé des consommateurs et des utilisateurs de pesticides, au premier rang desquels les agriculteurs eux‐mêmes (…) Cette étude rappelle l’urgence de réduire rapidement la dépendance de notre agriculture aux pesticides. L’environnement ça ne commence (pas) à bien faire, comme le disait il y a un an le Président de la République au Salon de l’Agriculture. Au contraire, il faut réaffirmer les objectifs du Grenelle en matière de réduction de l’usage des pesticides et également exclure au plus vite les pesticides perturbateurs endocriniens, comme le prévoit la nouvelle législation européenne. ».
Générations Futures, avait déjà publié, fin 2010, une étude intitulée Menus Toxiques, qui montrait la présence de 12 pesticides perturbateurs endocriniens dans les repas d’une journée d’un enfant.
Si on inclue les résultats de cette étude, ce sont 9 pesticides supplémentaires considérés perturbateurs endocriniens qui ont été trouvés dans ces menus, portant le total à 21 pesticides perturbateurs endocriniens ingérés par un enfant la même journée, note l’organisme.






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